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Journées européennes du patrimoine, 19 et 20 septembre 2026

À l'ocassion de la 43ᵉ édition des Journées européennes du patrimoine, consacrée au thème « Patrimoine de la photographie », zoom sur le fonds Émile Desforges, photographe des fouilles de Gergovie dans les années 1930.

Au début de l'année 2026 ont été redécouvertes les archives personnelles d'Émile Desforges (1888-1956), conservées depuis plusieurs décennies par ses descendants dans une collection privée du Puy-de-Dôme. Auteur de plus d'une centaine de publications parues entre 1926 et 1956, Desforges compte aujourd’hui parmi les principales figures de l'érudition auvergnate de la première moitié du XX siècle.

Originaire du Berry, cet ancien officier de cavalerie s'installe à Clermont-Ferrand dans les années 1920, où il est chargé de l'administration de la maison Desaymard, importante entreprise spécialisée dans le négoce de produits chimiques, de peintures, de vernis et de colorants. Parallèlement à son activité professionnelle, il se consacre à l'étude et à la valorisation du patrimoine auvergnat. Ses travaux portent aussi bien sur l'histoire régionale que sur le folklore, l'ethnographie, la toponymie et les traditions populaires. Archéologue autodidacte, il participe notamment en 1928-1929 à l'exploration de l’espace funéraire tardo-antique de Maison Blanche à Pardines dont il photographie quelques sépultures, tout en suivant de nombreux chantiers urbains dans le centre-ville clermontois (quartier Sainte-Marie, place Saint-Pierre). Après la publication de Gergovia (1929) et de La Bataille de Gergovie (1933), Desforges crée le comité « Pro Gergovia » destiné à relancer les travaux archéologiques sur le plateau de Gergovie, qu'il codirige avec la jeune universitaire britannique Olwen Brogan jusqu’en 1938. Il développe alors une pratique de l'archéologie de terrain fondée sur un usage méthodique de la photographie.

Le fonds retrouvé récemment rassemble quelque 650 pièces, dont 632 photographies réalisées dans les années 1920 et 1930, comprenant 178 plaques de verre négatives au format 13 x 18 cm, 10 x 15 cm, 9 x 12 cm, 6 x 13 cm, 6,5 x 9 cm et 6,5 x 6 cm, 33 plaques de projection au format 8,5 x 10 cm, 11 négatifs sur support souple et 410 tirages sur papier. Ces différents supports indiquent l’emploi d’au moins trois appareil distincts, dont une chambre photographique, un reflex bi-objectif à double chambre superposée (de type Rolleiflex) et un appareil argentique utilisant des films en rouleau de format 116, qui permettent de concilier qualité documentaire et praticité sur le terrain. Si Desforges fait appel ponctuellement à des laboratoires photographiques locaux pour le développement de ses clichés, il assure lui-même l’essentiel de ce travail à son domicile dans un souci d’économie et initie d'ailleurs son épouse Louise à ces procédés.

Près de 80 % de la production photographique est consacrée au site de Gergovie. Ce corpus, le plus riche actuellement connu pour les campagnes de fouilles conduites dans l’entre-deux-guerres, constitue une source exceptionnelle sur l'histoire de ces recherches. Les prises de vue régulières documentent les différentes étapes des opérations de terrain, les méthodes d’excavation privilégiées, les équipes mobilisées autour de Desforges, mais aussi les conditions de découverte des artefacts collectés et l'état de conservation des vestiges au moment de leur dégagement il y a près d’un siècle. Par leur caractère sériel, elles préservent la mémoire de contextes archéologiques aujourd'hui transformés, voire disparus. Ce corpus révèle ainsi la place qu'occupe la photographie dans la démarche scientifique de Desforges, non comme un simple procédé d'illustration, mais comme un instrument d'observation, d'enregistrement et de transmission des données archéologiques jamais déployé avec une telle ampleur pour cette phase de fouilles à Gergovie.

Confié temporairement à la Maison des Sciences Humaines de Clermont-Ferrand par les héritiers d’Émile Desforges, ce fonds d’archives photographiques doit prochainement faire l’objet d’une campagne de numérisation en vue de son exploitation scientifique et de sa mise en ligne, avant d’être conservé, à terme, dans des conditions propres à en assurer l’intégrité matérielle et la pérennité.

Découvrez les premiers documents mis en ligne

Vue d'une partie des archives d'Émile Desforges illustrant la diversité des supports conservés : journaux de fouilles, albums photographiques, photographies sur plaques de verre et tirages sur papier bromure. Fonds Desforges, archives de la famille Fontfrède © Henri Derus
Émile Desforges (à gauche), en compagnie des terrassiers Marcel Savignat, Antoine Manlhiot et Lucien Lévêque lors de la fouille du rempart de l’oppidum de Gergovie, 1935. Fonds Chirent, archives de la famille Rousset
Au premier plan, l’ombre portée d’Émile Desforges et de son appareil photographique monté sur trépied se détache devant le rempart de Gergovie, 1934. Fonds Desforges, archives de la famille Fontfrède
Émile Desforges dans les dernières années de sa vie, 1954. Fonds Desforges, archives de la famille Fontfrède

Symposium Gergovie au cœur de l’espace arverne

Du mardi 16 au mercredi 17 juin, MSH - Amphi 219

Deux journées seront consacrées à la présentation des résultats scientifiques des opérations de fouilles et de prospections menées au cours des deux dernières décennies sur les principaux sites gaulois du bassin clermontois.
Cette manifestation sera également l’occasion de s’interroger sur une programmation des actions de recherche, de protection et de valorisation à mener sur Gergovie et les sites arvernes dans les années à venir.


Ce symposium est organisé par les acteurs institutionnels qui conduisent et soutiennent actuellement les recherches archéologiques sur le plateau de Gergovie : l’Institut national de recherches archéologiques préventives, la Maison des Sciences Humaines de Clermont-Ferrand (Université Clermont Auvergne / Centre national de la recherche scientifique), la Direction régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes, le Conseil départemental du Puy-de-Dôme, ainsi que le Groupement d’intérêt public Gergovie et Sites arvernes.

Dans le cadre de la saison gauloise de l’Inrap